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La transe

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La transe est une conduite du corps extrêmement complexe. Sa détermination est différente non seulement selon les cultures ; mais aussi selon les régions. Elle renferme dans les gestes, les formes expressives, les attitudes, une stratification de modèles qui ont été élaboré à des moments divers . Elle est définie comme une catharsis : " Aristote a appelé catharsis, l’effet produit par la représentation des passions et des désirs sur le spectateur. Or cette  purgation parait surtout riche en malentendus si l’on songe l’abondante littérature qu’elle a engendrée. Toutefois, la plupart de ces interprétations insistent sur la valeur bénéfique du théâtre qui nous libère du mal en nous en fournissant l’image des passions au XVIII siècle."
        Jean Servier , Traditions et Civilisations Berbères, les portes de l’année. Ed. du Rocher 1985. p : 26.
 
        La transe est une étape qui permet à certaines personnes de se purifier. En effet, le fait d’arriver à exprimer sa souffrance et son angoisse d’une façon théâtrale, aide le malade à se libérer, presque, d’une très forte charge émotionnelle qui le menace et retombe sur son corps. Elle traite des cas de possession par les entités surnaturelles, par les djins ou par les noms des esprits. Un individu peut être touché par les djins et cette atteinte peut le conduire à des troubles psychiques que nous arrivons à interpréter comme des possessions.
       Ces états extatiques se trouvent, comme au Maroc, en d’autres pays sous différentes formes : le Vaudou au Haïti que André Métraux définie comme : « un ensemble de  croyances et de rites d’origine africaine qui, étroitement mêlées à des pratiques catholiques, constituent la religion de la plus grande partie de la paysannerie et de prolétariat  urbain de la république d’Haïti. »
       André Métraux , le Vaudou haïtien, Paris, N.R.F, 1958.
       Nous dirons, donc, que le Vaudou est né chez certains esclaves déportés de leur terreNatale vers d’autres. Le voyage entre les deux, à travers les bateaux de l’esclavage, à provoqué une coupure psychique chez eux. La transe permettra, en terre d’exil, d’abolir le réel et de revenir, de se transporter dans la terre natale.La transe est le transport magique de l’âme de l’esclave vers la terre des ancêtres, l’abolition de la conscience actuelle. La perte de conscience est aussi l’oubli, pour un certain temps, de la souffrance. Tout cela permet le passage de l’état de veille à l’état de transe ; et par ailleurs, ce passage donne aux dieux africains la possibilité de descendre en terre d’exil et à la collectivité des esclaves, qui participe à la cérémonie ou simplement y assiste, la possibilité de faire, aussi, le voyage imaginaire du retour vers la terre des aïeux.